Manifeste Commissions Ouvertes
Le Barreau de Paris compte aujourd’hui plus de 36 000 avocats. Parmi eux, des centaines de praticiens d’exception – processualistes aguerris, spécialistes reconnus, auteurs de doctrine – ont choisi de s’engager dans les Commissions Ouvertes de l’Ordre. Ils y consacrent leur temps, leur expertise et leur passion pour faire vivre la réflexion juridique collective et partager leurs connaissances et leur expérience avec les confrères.
Force est de constater que :
- Les responsables des commissions ouvertes ne sont réunis ensemble, que tous les deux ans, à l’occasion des élections Bâtonnat/ Vice-Bâtonnat, à l’initiative de certains candidats.
- Les commissions ouvertes ne sont pas automatiquement sollicitées par les Bâtonniers, Vice-Bâtonnier, le Conseil de l’ordre et les services de l’Ordre en général sur leurs sujets de prédilection, et ne sont plus associées à Campus.
Le Barreau de Paris dispose d’un réservoir de compétences unique, et il ne s’en sert pas assez.
I. Le constat : des sachants sous-utilisés
1.1 Un réflexe qui fait défaut
Dans nos cabinets, lorsqu’un associé fiscaliste est saisi d’une question de propriété intellectuelle, le réflexe est immédiat : il consulte l’associé IP. C’est une évidence organisationnelle. Le savoir se partage, les compétences s’articulent, la réponse est meilleure.
Pourquoi ce réflexe n’existe-t-il pas systématiquement au Barreau de Paris ? Lorsque la Bâtonnière ( ou le Bâtonnier), le Vice Bâtonnier (ou la Vice-Bâtonnière) ou le Conseil de l’Ordre sont confrontés à une question de droit de l’environnement, de droit du numérique, de bioéthique, il serait judicieux de solliciter la Commission Ouverte compétente.
1.2 Une valorisation insuffisante de la doctrine du Barreau
Les Commissions Ouvertes doivent être les laboratoires de la doctrine du Barreau de Paris. Elles produisent des analyses, des positions, des synthèses qui font autorité dans leurs domaines respectifs. Ces travaux restent trop souvent confidentiels. Dans un monde où l’intelligence artificielle produit du contenu en masse, notre force réside précisément dans la qualité de notre analyse juridique, notre rigueur intellectuelle et la profondeur de notre réflexion collective.
1.3 L’ère du numérique impose de laisser des traces
À l’heure où chaque institution juridique, chaque think tank, chaque association professionnelle construit sa visibilité en ligne et dans les revues spécialisées, le Barreau de Paris doit prendre sa place dans cet espace de production intellectuelle. Ses commissions ouvertes sont ses ambassadrices naturelles. Elles incarnent la pluralité des expertises, la diversité des approches, la richesse de la pensée juridique parisienne et font le lien avec le monde universitaire.
II. Notre vision : les Commissions Ouvertes, pilliers de la gouvernance
Nous voulons faire des Commissions Ouvertes les interlocuteurs de référence du Barreau de Paris, présentes dans l’organigramme, sur le modèle des cabinets d’avocats structurés au sein desquels un associé-spécialiste est consulté dès lors qu’une question relève de son domaine d’expertise.
Les Commissions Ouvertes doivent remplir deux missions essentielles :
- Faire rayonner la doctrine et la place de Paris : positionner le Barreau de Paris comme producteur de référence d’une pensée juridique de qualité, reconnue en France et à l’international.
- Apporter de la formation continue et des actualités aux confrères : Les travaux des commissions sont des ressources pédagogiques accessibles à l’ensemble des 36 000 avocats du Barreau.
Engagement 1 – Instaurer le réflexe « Commission Ouverte »
Dès notre prise de fonction, nous aurons le reflexe COMMISSION OUVERTE : chaque fois qu’un sujet juridique relevant de la compétence d’une Commission Ouverte est soumis à la Bâtonnière, au Vice-Bâtonnier ou au Conseil de l’Ordre, la Commission concernée sera sollicitée pour un avis ou une contribution.
C’est l’intelligence collective mise au service de l’institution.
Engagement 2 – Réunir les responsables de Commissions au moins une fois par an
Nous organiserons un grand rendez-vous annuel rassemblant l’ensemble des responsables de Commissions Ouvertes. Ces rencontres seront l’occasion d’un partage entre commissions, d’une coordination sur les sujets transversaux, et d’un dialogue direct avec les équipes dédiées à l’Ordre sur les priorités de l’année.
Un dîner annuel permettra également de remercier et de valoriser publiquement l’engagement des responsables de commissions – car le bénévolat de compétence mérite une reconnaissance.
Engagement 3 – Publier les travaux des Commissions : la Revue de la Doctrine du Barreau de Paris
Nous créerons une publication annuelle des travaux des Commissions Ouvertes – sous la forme d’un recueil numérique et papier – qui mettra en lumière les analyses, prises de position et recommandations de chaque commission. Ce document, diffusé auprès de l’ensemble des avocats du Barreau, des juridictions, des institutions et des partenaires académiques, deviendra un marqueur de l’excellence juridique parisienne.
Engagement 4 – Ouvrir les colonnes de la presse juridique aux Commissions
Nous œuvrerons à la conclusion de partenariats éditoriaux avec les grandes revues et journaux juridiques pour que les Commissions Ouvertes puissent y publier régulièrement leurs travaux. Un numéro spécial annuel par revue partenaire, coordonné avec les responsables de commissions, donnerait à leurs réflexions une audience nationale et internationale.
Engagement 5 – Repositionner les Commissions Ouvertes au sein de l’Organigramme du Barreau de Paris.
Nous avons la matière, nous devons juste nous restructurer, de façon à ce que les Commissions ouvertes et leurs responsables soient mieux intégrés dans l’organigramme et dans les process de décision et de représentation du Barreau de Paris.